Turquie-Egypte: en attendant la guerre ?


  1. Campagne de dons

    Campagne de dons : Afin d’améliorer la qualité de nos services, de nous permettre de nous affranchir de la publicité et de procéder à une refonte graphique de votre site, nous avons besoin de vous. Votre participation favorisera un meilleur confort de lecture pour vous et une plus grande réactivité de la part de notre équipe à votre service. Tels sont nos objectifs pour qu’avec vous, nous continuions à vous offrir une information aussi indépendante qu’étoffée.

La tension monte entre l’Égypte et la Turquie. Après les escarmouches diplomatiques, place aux frictions militaires : les marines des deux pays se défient en Méditerranée, près de Chypre, tandis que les médias égyptiens et turcs ont déjà engagé les hostilités. À l’origine, des gisements gaziers à Chypre, mais aussi la déposition des Frères musulmans du pouvoir égyptien en 2013.

La tension a deux causes: politique et surtout économique. C’est aux alentours de Chypre que se trouvent les plus grands gisements gaziers de Méditerranée. Une région exploitée par la Grèce, l’Égypte et, bien entendu, Chypre qui ont conclu un accord tripartite. Cet accord n’est pas du goût d’Ankara qui contrôle toujours le nord de l’Ile de Chypre.

Depuis deux semaines, la marine turque a entamé des manœuvres dans la région. Une vedette grecque a été éperonnée dernièrement et un navire de forage italien de la compagnie ENI a du rebrousser chemin. Il se rendait au champ gazier égyptien de Zohr. Le porte-hélicoptère Mistral Anouar el Sadate et plusieurs autres bâtiments, dont des sous-marins, ont aussitôt levé l’ancre d’Alexandrie pour défendre Zohr. Les deux plus puissantes marines de Méditerranée orientale, l’Égyptienne et la Turque, se toisent aujourd’hui avec une agressivité croissante.

La tension est aussi politique. Car le Président turc était le meileur allié des Fraères musulmans, qui ont été chassés en 2013 du pouvoir par le président Abdel Fattah al-Sissi, alors ministre de la Défense. Depuis lors, la Turquie dénonce systématiquement « le coup d’État militaire » et a offert l’asile politique à de nombreuses figures de proue des Frères musulmans. Une confrérie considérée comme « terroriste » et durement réprimée en Égypte. L’Egypte s’était réjouie de la tentative de coup d’Etat en Turquie en 2016. M. Erdogan est un important soutien de la confrérie des Frères musulmans de Mohamed Morsi, premier président d’Egypte démocratiquement élu et destitué par l’armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Sissi en 2013.

Plusieurs dirigeants des Frères musulmans se sont exilés en Turquie, fuyant une vague de répression sanglante contre les islamistes après la destitution de M. Morsi.

Depuis 2013, M. Erdogan a dénoncé à de nombreuses reprises ce qu’il a qualifié de « coup d’Etat » en Egypte, s’attirant les foudres du Caire.

Quand les premières informations sur la tentative de coup d’Etat en Turquie ont commencé à se répandre, certains présentateurs de télévision égyptiens n’ont pas masqué leur joie.

« Ce qui se passe en Turquie n’est pas un coup d’Etat. Absolument pas ! C’est une révolution (menée) par l’armée turque. Et quand l’armée turque mène une révolution, elle gagne toujours ! », s’est ainsi enthousiasmé Ahmed Moussa, animateur d’un programme de télévision progouvenemental sur la chaîne privée Sada el-Balad.

ob_bd1a00_images

Les médias égyptiens tirent à boulets rouges sur Ankara dont les services secrets sont accusés de « conspirer » contre Le Caire. Selon eux, la Turquie aurait organisé le transfert de centaines de combattants de l’État islamique fuyant la Syrie vers la Libye pour déstabiliser l’ouest égyptien, et de s’infiltrer jusqu’au Nord Sinaï où se déroulent de violents combats.

La Turquie réplique par le biais de chaînes de télévision d’opposants égyptiens, principalement proches des Frères musulmans, qui appellent au renversement, « la dictature militaire de Sissi ».

Pour certains observateurs, on se croirait revenu deux siècles en arrière, quand Mehmet Ali, gouverneur d’Égypte, et l’Empire ottoman étaient en guerre. Pour l’anecdote, Le Caire a débaptisé l’avenue Selim Premier, du nom du Sultan ottoman qui a conquis l’Égypte. On ignore encore le nouveau nom contre l’Empire ottoman.

ob_cd9ffe_images

Bob Woodward

source:http://www.decryptnewsonline.com/2018/02/turquie-egypte-en-attendant-la-guerre.html

aller à la source

Comments

comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.