Le parlement britannique veut de nouveaux accords commerciaux en urgence

La conclusion d’accords commerciaux avec des pays tiers doit être une « priorité urgente » si le Royaume-Uni veut éviter une catastrophe après le Brexit, estiment les députés.

Un rapport de la commission interpartite sur le commerce international du parlement britannique assure qu’il est urgent de conclure de nouveaux accords pour remplacer ceux qui existent entre l’UE et des pays tiers. « Si cette continuation n’est pas assurée, nous en payerons très probablement le prix », soulignent les auteurs du rapport.

Londres espère que l’UE la traitera comme un membre de facto de l’Union durant les 21 mois de transition prévus après sa sortie officielle du bloc européen, en mars 2019. Cela permettrait au pays de continuer à bénéficier de la quarantaine d’accords de libre-échange actuellement en vigueur entre l’UE et 70 pays tiers.  Ces accords représentent environ 10 % du commerce britannique.

Le gouvernement a préparé un projet de loi prévoyant de copier directement les accords commerciaux dans la législation nationale. À ce jour, aucun pays tiers ne s’y serait opposé.

« Il existe un manque de précision et de clarté troublant quant au mécanisme législatif que le gouvernement entend utiliser pour recréer les accords commerciaux européens avec quelque 70 pays », s’inquiètent les auteurs du rapport.

« Le gouvernement ne doit pas avoir la naïveté de penser qu’un engagement verbal pour le maintien du statu quo constitue une garantie », précise Brendan MacNeil, président de la commission sur le commerce international.

Le rapport appelle également le gouvernement à rédiger un « registre des risques » classant les accords à reconclure en fonction de leur importance pour l’économie britannique.

Le problème de la continuité se pose aussi pour l’UE, qui devra modifier plus de 700 accords internationaux.

Liam Fox, le ministre au Commerce international, département créé en juillet 2016 par Theresa May, avait initialement assuré que tous ces accords pourraient être répliqués avant la date fatidique de mars 2019.

Pourtant, si le nombre de fonctionnaires affectés au commerce est passé de 45 à 550 depuis le référendum, les résultats concrets se font encore attendre.  Ce calendrier ne pourra sans doute pas être respecté, surtout que certains pays, comme la Corée du Sud et l’Afrique du Sud, donnent l’impression de vouloir obtenir des concessions supplémentaires du Royaume-Uni avant de signer à nouveau leurs accords.

« Nous ne serons tout simplement pas en mesure d’offrir de meilleurs accords [que l’UE] d’ici avril 2019 », estimait récemment Mark Price, ancien ministre au Commerce.

Pour les députés qui ont rédigé le rapport, il est évident que Londres ne sera pas en mesure de se mettre à négocier de nouveaux accords dès mars 2019.

« Jusqu’à il y a environ deux semaines, le département du commerce international assurait que tous ces accords seraient mis en place d’ici mars 2019. Pour être honnête, ça n’aurait jamais été possible », estime Sam Lowe, spécialiste du Centre pour la réforme européenne.

Les auteurs du rapport estiment enfin que « la continuation de la participation à une union douanière et au marché unique de l’UE serait l’approche la moins risquée en ce qui concerne la réinstauration d’une frontière « dure » entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

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