La comédie française ne fait plus rire

Un chroniqueur suisse a été voir le dernier Dany Boon…

Notre confrère suisse n’a pas tort mais il aurait pu creuser un peu plus : il aurait alors découvert les vraies raisons du « déclin » du cinéma comique français, raisons qui ne se limitent pas au remplacement des artistes par les financiers dans la structure de cette profession.

La télévision a subi le même remplacement (et là ce n’est pas une question d’immigrés ou de musulmans, n’est-ce pas) et on en voit le résultat. Les hommes sont une chose, l’idéologie en est une autre. Se conformer au catéchisme dominant brise toute possibilité de rire sain, de rire brutal, de rire vivant. Il reste un rire formaté, plat, mort.

En refusant aux cinéastes et aux scénaristes de déconner avec ce catéchisme, que l’on rappelle succinctement – féminisme, LGBTisme, sionisme, antiracisme, anticatholicisme (ou maçonnisme, c’est pareil), libéralisme – on élimine toute possibilité de comédie, cette comédie qui est une soupape de sécurité, une respiration nationale. Les fenêtres de la France sont fermées, l’air devient de plus en plus vicié.

Il en résultera ce qui en résulte toujours quand on interdit l’expression en général et le rire en particulier : la violence. Verbale, puis physique.

Mais c’est peut-être ce qui est recherché par le Système…

Pour en revenir au sujet, et pour comprendre comment Dany Boon est devenu si médiocre, se reporter à son parcours : la courbe de son abêtissement suit parfaitement la courbe de sa soumission.

– La Rédaction d’E&R –


 

La Ch’tite Famille, nouvelle réalisation de Dany Boon, est le symbole de l’inexorable déclin du cinéma comique populaire français.

[…]

Ce film au scénario d’une incroyable paresse pose cette question : pourquoi la comédie française populaire actuelle est-elle si faible ? D’un côté, elle multiplie les personnages de ploucs et de beaufs, dont tout le monde peut rire (Camping, Les Tuche) ; de l’autre, elle tente avec peine de se faire passer pour irrévérencieuse en plagiant la comédie américaine (Babysitting, Alibi.com) ; et au milieu, une foultitude de films anodins (À fond), agaçants (Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?) ou à la limite du regardable (Brillantissime).

Le cinéma est né en France. Max Linder en fut la première grande vedette comique. Plus tard, alors que des poètes du gag comme Jacques Tati ou Pierre Étaix connaîtront moult déboires commerciaux, Gérard Oury, Georges Lautner ou plus tard Francis Veber signeront des films populaires tout sauf indignes. Or, aujourd’hui, plus rien ou presque. Pour une réussite comme Le Sens de la fête, comédie finement écrite qui derrière le rire propose une satire sociale, combien de productions qui, à l’instar de La Ch’tite Famille, prennent les spectateurs pour de bons payeurs mettant leur cerveau en veille dès qu’ils pénètrent dans un multiplexe ?

Le problème est structurel : les studios, jadis pilotés par des cinéphiles, sont de plus en plus dirigés par des financiers qui estiment que le succès passe par la bêtise et l’absence de prise de risque. Or, en multipliant les films qui laissent un désagréable arrière-goût de déjà-vu, ils ne font que creuser le fossé entre un cinéma populaire démago et un cinéma d’auteur peu vu. Avec, au milieu, un grand vide.

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Dany Boon, le film de trop

Dix ans après le succès de Bienvenue chez les Ch’tis, le Français retente le coup du régionalisme pour attirer les foules. Mais si La Ch’tite Famille marquera les esprits, c’est à cause de son indigence crasse.

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Commençons par la fin, d’ailleurs : quand tout est bien qui finit bien, le père du personnage joué par Dany Boon se lance dans une version en ch’ti du Que je t’aime de Johnny, qui pour l’occasion devient Que j’te ker. Une version karaoké, avec paroles qui défilent sur l’écran afin que les spectateurs puissent chanter en chœur… Et ensuite, place à un bête bêtisier pour conclure l’affaire. Tout est dit, abstenons-nous d’en rajouter.

Avant cela, il nous faut subir une histoire paresseuse, celle de Valentin D., brillant architecte et designer parisien, travaillant en couple, passionné par « le presque rien » et « la quête du vide », et clamant que sa plus grande influence, c’est lui-même. Mais voilà, Valentin a un secret : il est Ch’ti. Ce Nord dont il s’est coupé, allant jusqu’à raconter que sa mère l’a abandonné, il ne veut plus en entendre parler, lui qui a réussi à gommer son accent. Mais voilà que sa famille débarque à Paris, et que, à la suite d’un accident provoqué par son beau-père, il devient amnésique… et se réveille dans la peau de l’ado qu’il était il y a vingt-cinq ans.

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Un mot, enfin, sur les poncifs et autres clichés que Dany Boon maîtrise merveilleusement. Le Valentin de Paris est arrogant, adore les asperges à la spiruline et dessine des meubles inconfortables (comme cette chaise trépied asymétrique), tandis que le jeune Ch’ti qu’il redevient est aimable, amoureux de sa vieille mobylette et plutôt porté sur la fricadelle. La maison ultra-moderne qu’habite le couple d’architectes est forcément pleine de vide et tout sauf fonctionnelle.

Il y a soixante ans, le Monsieur Hulot de Mon oncle, chef-d’œuvre de Jacques Tati, multipliait les gags de génie en découvrant une villa contemporaine. Ici, une seule vaine tentative de faire rire : certains tiroirs de la cuisine sont tellement hauts que personne ne peut les atteindre. Un détail qui veut dire beaucoup, qui résume à lui seul l’indigence d’un scénario où rien ne fonctionne, écrit à la va-comme-je-te-pousse, sans réflexion aucune sur les mille façons de faire rire. L’essentiel étant donc ici de jouer sur l’opposition entre les Ch’tis qu’on ne comprend pas mais qui sont tellement sympas et les Parisiens au verbe châtié mais tellement hypocrites.

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