Le papier recyclé français en veine grâce à la Chine

DECRYPTAGE. En France, l’industrie papetière se porte bien. « Le chiffre d’affaires de l’ensemble du secteur s’est apprécié de 3 % » en 2017, se réjouit l’Union Française des Industries des Cartons, Papiers et Celluloses (Copacel) dans un communiqué de presse. Ces bons chiffres ne sont pas uniquement le résultat de l’amélioration de l’activité française. Ni même européenne. La politique de la Chine rentre en fait aussi en jeu. Explication.

Moins de déchets importés en Chine…

Depuis le 1er janvier 2018, la Chine interdit l’importation sur son territoire de 24 catégories de déchets solides, comprenant les papiers en mélange. Jusqu’alors, le pays importait des mélanges de papier et cartons à recycler (PCR) depuis l’Europe et notamment la France. Avec une baisse drastique d’exportation de ses déchets papiers, l’Hexagone « se retrouve avec un excédent de matière première », déclare Jean Miroux, directeur en charge de l’économie circulaire à Copacel, contacté par Sciences et Avenir.

… Des prix en baisse en France…

Si l’offre de recyclage est réduite, la demande reste pourtant la même. Qui dit moins d’entreprises pour travailler la même quantité de PCR, dit baisse des prix de la matière première. « C’est une opportunité pour tous les papetiers européens et français », a indiqué à l’AFP Yves Herbault, vice-président de Copacel. Il estime que sur le court terme, pour les papetiers qui utilisent des papiers et cartons à recycler, globalement c’est un effet d’aubaine. » Même un soulagement pour Jean Miroux : « On peut souffler un peu après les dernières hausses de prix. » Cette réjouissance risque pourtant d’être courte durée pour l’industrie du recyclage.

… La qualité avec ?

La Copacel achète essentiellement du carton, du papier-presse et du papier graphique non mélangés aux entreprises de collecte. Celles-ci assurent le tri des différentes matières de PCR. Avec la Chine qui n’accepte plus des matières solides mélangées, Copacel craint de se retrouver à acheter des marchandises moins triés. « Nous pourrions trouver en Europe, en France, des produits de moins bonne qualité' », a envisagé Yves Herbault. Il estime que les collecteurs « augmenteront les prix et augmenteront leurs capacités de tri pour fournir des produits de bonne qualité à la Chine ». Affaire à suivre, alors qu’a lieu le 18 mars 2018 la Journée mondiale du recyclage.

aller à la source

Comments

comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.