Bruxelles se félicite de l’accord climatique dans le transport maritime

Plus de 170 pays se sont mis d’accord pour réduire les émissions de CO2 du transport maritime d’au moins 50 % d’ici 2050, après des années de discussions stériles.

Le 13 avril, les membres de l’Organisation maritime internationale (OMI) ont décidé de réduire d’« au moins » 50 % les émissions d’ici 2050, par rapport au niveau de 2008. Pour Kitack Lim, le secrétaire général de l’OMI, l’adoption de cette stratégie initiale « donnerait une base solide aux travaux futurs de l’OMI sur le changement climatique ».

Le compromis prévoit de réduire de moitié les émissions du transport maritime et permet davantage de réductions à l’avenir, puisque l’industrie n’exclut pas de réduire les émissions de 100 %.

« Pour atteindre ces objectifs, il faudra que la plupart des bâtiments hauturiers qui seront construits dans les années 2030 fonctionnent grâce à des combustibles renouvelables à zéro émission. Les navires, qui transportent plus de 80 % des biens échangés dans le monde, auront abandonné les carburants fossiles d’ici là », explique la Fondation Climat européenne.

Opposition

Les pays de l’UE et les Îles Marshall, deuxième plus grande nation maritime au monde, étaient en faveur d’une réduction de 70 à 100 % des émissions d’ici 2050, par rapport à 2008. Certains pays, dont les États-Unis, l’Arabie saoudite, le Brésil et le Panama, ont cependant bloqué cet objectif ambitieux lors de la session de l’OMI, à Londres, la semaine dernière.

À Bruxelles, la Commission européenne s’est félicitée d’une « avancée importante » dans la lutte mondiale contre le changement climatique.

« Le secteur du transport maritime doit contribuer de manière juste aux objectifs de l’Accord de Paris », ont jugé Violeta Bulc et Miguel Arias Cañete, commissaires aux transports et à l’action climatique. « Il est à présent crucial que des mesures efficaces de réduction des émissions soient adoptées rapidement et mises en place avant 2023. Les préparations sur l’action à plus long terme doivent aussi être lancées. »

Si l’UE défendait un objectif plus élevé, la Commission estime que le compromis est « un bon point de départ qui permettra des révisions et améliorations au fil du temps ».

Selon le groupe de recherche britannique InfluenceMap, une baisse de 70 % des émissions aurait été « bien plus proche de ce qui est nécessaire pour que le transport maritime s’aligne sur l’Accord de Paris ».

Navires zéro émission

Le transport maritime représente actuellement 2 à 3 % des émissions mondiales de CO2. Un chiffre qui pourrait atteindre les 10 % d’ici 2050 si aucune mesure n’est prise, a rappelé la Commission.

Tristan Smith, qui se spécialise dans l’énergie et les transports maritimes à l’UCL Energy Institute, a déclaré que l’objectif pour 2050 sera probablement encore haussé à l’avenir.

« Même avec le niveau d’ambition le plus bas possible, l’industrie du transport maritime devra mettre en place des changements technologiques rapides pour produire des navires à zéro émission, passant des combustibles fossiles à une combinaison d’électricité, de combustibles renouvelables dérivés de l’hydrogène et potentiellement de bioénergie », explique-t-il.

S’il admet que de tels changements sont « massifs » pour une industrie mondiale avec plus de 50 000 navires faisant du commerce international, Tristan Smith estime que ces réductions peuvent être réalisées « avec le bon niveau d’investissement et une meilleure réglementation ».

« Ce qui se passe ensuite est crucial », a pour sa part déclaré John Maggs, président de la Clean Shipping Coalition et conseiller politique principal chez Seas At Risk, une organisation rassemblant des ONG environnementales.

« L’OMI doit agir rapidement pour introduire des mesures qui permettront de réduire considérablement et rapidement les émissions à court terme. Sans cela, les objectifs de l’Accord de Paris resteront hors de portée », a-t-il averti.

La stratégie initiale de l’OMI ne serait cependant pas juridiquement contraignante pour les États membres. Et un plan définitif n’est pas attendu avant 2023.

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