Ce qu’il faut retenir du grand oral de Macron à Strasbourg

Le président français s’est adressé pour la première fois aux députés européens réunis à Strasbourg pour tenter de les mobiliser autour de son ambition de « refonder l’Europe ». Un article de notre partenaire Ouest-France

« C’est ici que nous devons ancrer la renaissance d’une Europe portée par l’esprit même de ses peuples ». À un an des élections européennes, Emmanuel Macron s’est exprimé face aux eurodéputés, ce mardi matin, au Parlement européen de Strasbourg. Une première depuis son entrée à l’Élysée. Avec l’objectif de mobiliser ces élus du Vieux Continent autour de son ambition de « refonder l’Europe ». Le chef de l’État a pris la parole au pupitre pendant une vingtaine de minutes. Voici ce qu’il faut retenir de son allocution, qui a précédé un temps de questions-réponses avec les élus européens.

La démocratie contre la tentation « autoritaire »

Emmanuel Macron a eu des mots choisis, mais forts face à la tentation de « la démocratie autoritaire » qui bourgeonne en Europe. « Une forme de guerre civile réapparaît », a-t-il dit pour décrire le contexte européen actuel, en déplorant notamment « la fascination illibérale ». « Si nous décidons d’abandonner notre attachement à la démocratie, nous ferons fausse route », a-t-il poursuivi. Pour « apporter une réponse aux désordres du monde », la « démocratie est notre meilleure chance ». Il faut « entendre la colère des peuples », concède-t-il. Mais « ils ont besoin d’un projet nouveau et non le retour aux déchirements des nationalismes ».

D’où la nécessité d’une « souveraineté européenne réinventée ». « Je veux appartenir à une génération qui aura décidé de défendre fermement sa démocratie […] Je ne veux pas faire partie d’une génération de somnambules », a insisté Emmanuel Macron.

Défendre l’idée d’une souveraineté européenne, ce n’est pas défendre une idée abstraite. C’est acter que pour apporter les bonnes réponses aux grandes transformations du monde nous avons besoin d’une souveraineté plus forte que la nôtre.

Une souveraineté sur cinq plans avec une taxe sur le numérique

Pour Emmanuel Macron, la synergie des pays européens doit se renforcer sur cinq plans : sécuritaire, sanitaire, économique, écologique et numérique. Des plans qu’il a plus ou moins développés. « La France est prête à augmenter sa contribution au budget européen », a-t-il assuré. À condition de « critères de convergence économique et sociale, mais sans rabais qui ne sauraient survivre au Brexit ».

« La souveraineté climatique et énergétique est indispensable », a aussi déclaré Emmanuel Macron dans son exposé face aux eurodéputés. « Il faut revoir à la hausse les contributions financières prévues dans le cadre des accords de Paris. La France soutiendra l’idée d’une taxe carbone aux frontières », a répété le chef de l’État. Qui a aussi abordé la question de l’alimentation : « Nous devons soutenir une souveraineté alimentaire de qualité. […] C’est bon pour nos économies et nos territoires, bon pour nos concitoyens, et c’est un choix cohérent avec nos engagements dans la durée ».

Il a également eu un mot sur la « souveraineté numérique ». En rappelant l’importance de la question du droit d’auteur et la protection des créateurs. « Nous sommes en train de devenir un espace unique au monde où nous favorisons l’innovation tout en protégeant les libertés individuelles », a-t-il commenté. En évoquant le secteur du numérique, Emmanuel Macron a appelé à la création d’une taxe « à court terme qui mette fin aux excès les plus choquants ». « Essentielle », celle-ci constituerait selon lui « des pistes de ressources propres pour le budget à venir ».

« Un programme européen » pour financier l’accueil de réfugiés

Le président français a affiché sa volonté de dépasser « le débat empoisonné le ‘règlement de Dublin’ et les relocalisations » des réfugiés au sein des pays de l’Union européenne. En proposant de créer « un programme européen qui soutienne directement financièrement les collectivités locales qui accueillent et intègrent les réfugiés ». Il s’agit d’un des dossiers sur lesquels « nous devons obtenir des résultats tangibles », a-t-il souligné.

Les États membres de l’UE se sont donné jusqu’en juin pour s’accorder sur une réforme de ce « règlement Dublin », qui désigne quel pays a la responsabilité de traiter une demande d’asile faite en Europe. Ce dispositif décrié la confie presque toujours aux pays de première entrée dans l’UE, faisant peser une charge démesurée sur la Grèce et l’Italie notamment.

La Commission européenne, soutenue notamment par Berlin, propose de partager l’accueil par des quotas de « relocalisation », qui ne seraient toutefois déclenchés qu’en cas de crises comparables à celle de 2015, quand 1,26 million de personnes ont demandé l’asile dans l’UE. Mais plusieurs pays, la Pologne et la Hongrie en tête, refusent catégoriquement toute idée de répartition obligatoire, faisant notamment valoir l’opposition de leurs opinions publiques à de telles mesures.

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