Découverte d’un trésor monétaire du Xe siècle lié à Harald à la Dent bleu

Près de 600 pièces d’argent, un marteau de Thor, des broches, des anneaux ou encore un torque tressé…  constituent le  » magot  » très médiatisé mis au jour dans un champ situé sur l’île de Rügen (Allemagne), en mer Baltique, en raison de la présence d’un enfant de treize ans parmi les  » chasseurs de trésor « , comme l’a rapporté l’agence de presse allemande DPA lundi 16 avril 2018. Localisé dès janvier 2018 par des détectoristes de métaux (lire encadré) à proximité de la localité de Schaprode, les archéologues – qui avaient été alertés – ont procédé à son dégagement au cours du week-end du 14 et 15 avril.  Selon les premières expertises, cette importante découverte pourrait dater du royaume de Harald 1er (910-987), souverain régnant alors sur le Danemark, le nord de l’Allemagne et le sud de la Norvège. Plus connu sous le nom de Harald à la Dent bleu – en raison d’une dent gâtée, ce roi unificateur s’est rendu célèbre par son rejet des anciennes croyances vikings et la christianisation du Danemark.

La plupart des monnaies datent du Xe siècle (lire encadré). Mais d’autres pièces, plus anciennes, provenant de contrées lointaines ont aussi été exhumées comme fréquemment dans les trésors vikings, à l’instar de ce Dirham de Damas daté de 714, transformé en bijou. Ce dépôt aurait pu être dissimulé par l’entourage de Harald 1er à la suite d’une bataille menée contre son propre fils, Sven Gabelbart, en 986. Le souverain avait alors été contraint de fuir en Poméranie, où il est mort un an plus tard. « Nous avons ici le cas d’une rare découverte qui semble en lien avec des sources historiques« , a expliqué Detlef Jantzen, l’archéologue responsable de la région du Mecklembourg-Poméranie orientale. Des bijoux datant de cette même période avaient déjà été découverts non loin, sur l’île de Hiddensee, à la fin du XIXe siècle. Rappelons, pour la petite histoire, que si Harald la dent bleu est devenu célèbre, c’est aussi en raison de ses initiales runiques HB – pour Harald Blatand (Gormsson) – devenues celles du logo de la technologie sans fil Bluetooth (« dent bleue »).

Avec AFP

Détecteurs de métaux, des législations européennes différentes selon les pays
En France,
contrairement à l’Allemagne où la découverte de ce trésor monétaire datant de l’époque du roi Harlad 1er a été faite, l’article L.542-1 du Code du Patrimoine relatif à l’utilisation des détecteurs de métaux vise à mieux protéger le patrimoine archéologique.  « Nul ne peut utiliser du matériel permettant la détection d’objets métalliques, à l’effet de recherches de monuments et d’objets pouvant intéresser la préhistoire, l’histoire, l’art ou l’archéologie, sans avoir, au préalable, obtenu une autorisation administrative délivrée en fonction de la qualification du demandeur ainsi que de la nature et des modalités de la recherche ». L’inobservation de cet article est punie de la peine d’amende applicable aux contraventions de cinquième classe. Depuis 2016, les objets archéologiques sont désormais une propriété publique. Néanmoins, en cas de « trésor », un dédommagement est prévu.

La présence de monnaies arabes dans les trésors Viking
Les Vikings ont atteint la mer Noire et la mer Caspienne entre  800 et 1050, entrant ainsi en contact avec l’empire Byzantin et le Califat islamique. Des sources manuscrites établissent même qu’entre le IXe et le Xe siècle, les Vikings norvégiens avaient établi des relations commerciales avec ces régions. Et ce qui attirait principalement les Nordiques dans cette partie du monde était l’argent. Non pas l’argent fiduciaire, mais le métal précieux, utilisé au poids sous forme de monnaies, de lingots ou coupés en morceaux. Le flux de dirhams en provenance du monde islamique retrouvé sur le continent européen a ainsi été considérable. Un goût qui les poussait même à en faire des copies ! A compter du IXe siècle, les Vikings, qui ne battaient pas monnaie, adoptèrent le métal d’argent comme moyen d’échange mais s’en servirent d’abord pour afficher leurs richesses personnelles, comme l’a indiqué dans ses textes le lettré arabe Ibn Fadlân, au Xe siècle.

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