La marine marchande s’engage enfin à limiter ses émissions de gaz à effet de serre

MARINE. Vendredi soir tard, à Londres, les 173 représentants des Etats membres de l’Organisation maritime internationale (OMI) se sont mis d’accord sur des objectifs de limitation de gaz à effet de serre après deux semaines d’âpres négociations. Les émissions du secteur devront avoir diminué de moitié en 2050 par rapport à 2008. Aujourd’hui, la marine marchande, qui traite 80% du commerce international, est responsable de 2,2% des émissions mondiales. Selon la convention onusienne sur le climat, cette part pourrait augmenter de 50 à 250% d’ici 2050 pour atteindre 17% si rien n’est fait. L’accord stipule que les émissions du secteur devront commencer à décliner « dès que possible ». Les ONG environnementales impliquées dans la lutte contre le réchauffement climatique ont salué l’initiative tout en soulignant que l’effort n’est pas suffisant pour maintenir les températures mondiales en dessous de 2°C de hausse.

Les techniques existent pour des bateaux propres

PAVILLONS. L’accord a été particulièrement difficile à obtenir. Alors que l’Union européenne, l’Australie et les Iles Marshall plaidaient pour une suppression totale des émissions au milieu du siècle, les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, le Brésil s’opposaient à tout objectif contraignant. La réduction de moitié des émissions est donc un compromis. La position des Iles Marshall a été prépondérante. Ce petit archipel menacé par la montée du niveau des mers est en effet le troisième pavillon de la marine marchande internationale derrière le Panama et le Libéria. Cependant, en 2017, la déclaration de Tony de Brum, ambassadeur climat des Iles Marshall (décédé depuis) donnait la priorité à l’action climatique devant les revenus apportés par l’immatriculation des bateaux. Si ce secteur est le dernier à se donner des objectifs de réduction dans le cadre de l’Accord de Paris, c’est justement parce que les pays membres de l’OMI ont un poids différent selon le nombre de navires immatriculés sous leurs drapeaux. L’ONG Transparency International a ainsi dénoncé la mainmise de ces Etats qui vivent de la vente de leur pavillon à la flotte internationale et qui n’ont aucun intérêt à ce que des règles contraignantes viennent entraver le développement du transport maritime.

L’accord a une conséquence technique immédiate. Dès 2030, les bateaux neufs devront ne plus émettre de CO2. Le secteur planche déjà sur des solutions techniques pour améliorer l’efficacité énergétique des navires et diminuer la pollution dans les ports. Le « partenariat global pour l’efficacité énergétique maritime » supporte et fédère toute la recherche sur les biocarburants, l’efficacité des moteurs, la forme des coques, les apports d’énergies renouvelables comme l’adjonction de voiles, etc. Le développement de ces techniques peut d’ores et déjà assurer une flotte propre sans émissions dès 2035, assure par ailleurs un récent rapport de l’OCDE. L’accord de Londres va accélérer cette mutation.

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