La santé de l’enfant influencée par l’alimentation des parents, même avant la conception

La santé d’un enfant peut être compromise non seulement par une mère qui fume ou boit pendant la grossesse, mais aussi par les mauvaises habitudes alimentaires des deux parents bien avant l’acte de procréation, ont indiqué mardi des chercheurs.

Ce que mangent les futurs parents – ou par exemple le fait d’être en grave surpoids – peut avoir de « profondes répercussions sur la croissance, le développement et la santé à long terme de leurs enfants avant la conception », peut-on lire dans une étude publiée dans The Lancet ce mardi. Des résultats qui devraient accroître la sensibilisation aux « facteurs de risque avant même de penser à concevoir un enfant », selon les chercheurs. « Les preuves de l’effet préconceptionnel sur la santé au cours de la vie sont maintenant si convaincantes qu’elles appellent de nouvelles directives sur la préparation parentale pour la grossesse », peut-on lire.

Les habitudes alimentaires des futurs pères – et donc pas seulement des futures mères – peuvent ainsi avoir un impact direct sur le bien-être de la progéniture, « influençant le risque de maladies chroniques futures », note Judith Stephenson, de l’University College London (Royaume-Uni). « Alors que l’accent actuellement mis sur les facteurs de risque tels que le tabagisme et la consommation excessive d’alcool est important, nous demandons une sensibilisation accrue à la santé préconceptionnelle, en particulier en ce qui concerne la nutrition ». Les deux parents sont ici concernés.

Par exemple, l’obésité chez l’un ou l’autre, voire chez les deux parents augmente les risques de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral, de maladie immunitaire et de diabète chez le futur bébé. L’obésité maternelle augmenterait également les niveaux d’inflammation et d’hormones, ce qui peut directement modifier le développement de l’œuf et de l’embryon. Cela à son tour augmente les chances de maladie chronique plus tard dans la vie de l’enfant. Chez les hommes, l’obésité entraîne des carences en spermatozoïdes associées à ces mêmes conditions.

« Les conséquences peuvent s’étendre à travers les générations, mais la connaissance de ces liens n’est pas très répandue », notent les auteurs. « La malnutrition et l’obésité sont aujourd’hui répandues parmi les femmes en âge de procréer, et les différences entre les pays à revenu élevé et à faible revenu sont devenues moins distinctes, les régimes alimentaires typiques étant très en deçà des recommandations nutritionnelles, en particulier chez les adolescents ».

Ces conclusions se fondent en partie sur deux nouvelles analyses effectuées sur des femmes de 18 à 42 ans en Grande-Bretagne et en Australie – au total 509 femmes non enceintes en mesure de procréer. Les résultats ont par exemple révélé que 77 % des femmes âgées de 18 à 25 ans avaient un apport alimentaire en iode inférieur au niveau recommandé. Et 96 % des femmes âgées de 18 à 42 ans avaient des niveaux de fer et de folate inférieurs aux niveaux recommandés pour la grossesse. De plus, 49 % des femmes étaient en surpoids, ou obèses.

Ajuster le régime alimentaire après le début d’une grossesse n’est par ailleurs souvent pas suffisant. « La supplémentation en micronutriments qui a débuté pendant la grossesse peut corriger d’importantes carences nutritionnelles maternelles, mais elle n’est pas suffisante pour améliorer fondamentalement la santé des enfants », peut-on lire.

Les chercheurs suggèrent qu’un poids de santé devrait idéalement être atteint pendant la période sensible de l’adolescence où la plupart des femmes ne prévoient pas de grossesse. « Cela aiderait vraiment votre futur bébé si vous commenciez, dès l’adolescence, à prendre de l’acide folique, à manger sainement (plus de fruits et de légumes et moins de malbouffe), à ​​cesser de fumer, de boire de l’alcool et de consommer des drogues récréatives », poursuit la chercheuse. « Toutes ces choses sont importantes à faire avant même d’envisager la conception d’un enfant ».

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