Un spécimen rare de requin découvert… mort sur un marché

Cela faisait plus de 10 ans qu’un requin du Gange (Glyphis gangeticus) n’avait pas été aperçu par les chercheurs. Des scientifiques ont finalement réussi à tomber sur l’un de ces spécimens mais pas exactement dans les conditions qu’ils auraient souhaité. Le cadavre d’un squale a été repéré aux Sassoon Docks, un port situé à Bombay (Inde). Cette découverte a fait l’objet d’une brève le 3 avril 2018 dans la revue Journal of Fish Biology.

Des animaux dont on ne sait pratiquement rien

C’est en 2005 que des scientifiques ont eu affaire à cette espèce – en danger critique d’extinction selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) – pour la dernière fois. Des mâchoires de Glyphis gangeticus avaient été trouvées à Karachi, au Pakistan. Plus de 10 ans après, en février 2016 plus exactement, c’est le cadavre d’une femelle de 2,66 mètres qui a été découvert toujours le long de la mer d’Arabie, qui représenterait la partie ouest de l’aire de répartition de cette espèce. Cependant, ces animaux sont si rares que les chercheurs doutent même de leur distribution exacte.

Les deux zones de découverte de requins du Gange ces dernières années : Karachi et Sassoon Docks situés le long de la mer d’Arabie. © Journal of Fish Biology

Dans le cadre d’une étude, l’équipe de chercheurs a effectué des prélèvements une fois par semaine sur les requins débarqués aux Sassoon Docks entre septembre 2014 et juin 2016 pour évaluer l’impact de la pêche sur ces animaux. C’est ainsi qu’ils ont aperçu le corps de ce requin du Gange qu’ils ont identifié grâce à ses caractéristiques physiques. Rima Jabado, l’auteur principal de l’étude, a également pu prendre le spécimen en photo mais l’investigation s’est arrêtée là : impossible pour les chercheurs de pratiquer une biopsie ou encore de mener des mesures précises sur l’animal au milieu de l’activité effrénée des marchands et des pêcheurs.

Les pêcheurs doivent apprendre à identifier les requins du Gange

Cette découverte n’est pas pour rassurer les biologistes. Alors que cette espèce est protégée depuis 2001 par l’Indian Wildlife Act, « l’efficacité de cette mesure reste probablement limitée« , note l’étude. « La taille actuelle de la population de G. gangeticus dans la région est inconnue, mais elle a sûrement été affaiblie par la longue tradition de pêche et les autres menaces qui pèsent sur le nord de la mer d’Arabie« , indiquent les chercheurs. Ces derniers souhaitent que des mesures de protection soient mises en place urgemment dans cette région du monde. Ils souhaitent une augmentation du nombre d’études sur cette espèce afin de déterminer clairement sa population et son aire de répartition. En outre, « ces efforts devraient être combinés avec une sensibilisation des pêcheurs » notamment en leur apprenant à identifier les requins du Gange et en veillant à ce qu’ils respectent l’Indian Wildlife Act.

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