La protection des intérêts économique de l’UE domine le sommet de Sofia

Les décisions des dirigeants européens sont attendues au tournant à Sofia, dans la foulée des différentes annonces de Donald Trump.

Pour le sommet UE-Balkans du 17 mai à Sofia, les dirigeants nationaux et la Commission européenne sont attendus de pied ferme. Ils devraient fournir une orientation générale des intentions européennes ainsi qu’une réponse aux éventuelles sanctions américaines.

La décision du président Donald Trump de se retirer de l’accord nucléaire iranien et ses conséquences à court terme seront discutées ce soir lors d’un dîner informel des dirigeants de l’UE, avant le sommet UE-Balkans occidentaux de jeudi.

Aucune décision concrète et « complètement détaillée » ne sera toutefois prise, étant donné que les sanctions américaines ne sont pas encore effectives.

L’administration américaine a déclaré que Washington était prête à imposer des sanctions aux entreprises européennes qui opèrent en Iran, suite à sa décision de se retirer de l’accord nucléaire iranien.

Steven Blockmans, chargé de la politique étrangère de l’UE au Centre for European Policy Studies (CEPS), a déclaré à Euractiv en février que l’UE devrait élaborer un plan d’urgence pour protéger ses activités si les États-Unis se retiraient de l’accord avec l’Iran.

« Si de nouvelles sanctions américaines entrent en vigueur, les entreprises européennes seront confrontées à un choix binaire : faire des affaires en Iran ou poursuivre leurs activités ayant une dimension américaine. »

« Sans une protection européenne de leurs investissements contre les sanctions américaines, les entreprises sont susceptibles de cesser de commercer avec l’Iran. Ce n’est pas dans l’intérêt de l’UE et de ses États membres. Ils devraient donc commencer à prévoir des mesures d’urgence », a déclaré l’expert du CEPS.

Même si les sanctions américaines restent un « scénario hypothétique », les dirigeants de l’UE devraient « envoyer un message général d’unité dans le cadre de l’accord nucléaire à condition que Téhéran remplisse ses obligations » ce soir à Sofia, explique le responsable européen qui affirme que tout le monde attend des orientations générales sur les semaines à venir et sur la direction à prendre.

En outre, les dirigeants de l’UE attendent du Collège de la Commission européenne qu’il présente plusieurs options et plans au cas où les entreprises de l’UE seraient sanctionnées par les États-Unis.

Conflit avec la Macédoine

Selon le responsable européen, le débat sur les Balkans occidentaux sera toutefois central, et le différend de longue date entre la Grèce et l’ex-République yougoslave de Macédoine sera également abordé. Il soutient que les messages que le Conseil de l’UE a reçus au sujet du conflit toponymique sont positifs.

« Nous attendons du Premier ministre grec Alexis Tsipras et de son homologue de l’ARYM, Zoran Zaev, qu’ils informent les autres dirigeants de l’UE des derniers développements [sur le problème du nom de la Macédoine]. »

Il estime qu’un accord pourrait être conclu par le Conseil Affaires générales en juin, car une solution entre les deux pays aurait « des retombées positives sur l’ensemble de la région ».

À la question de savoir si les partis d’opposition des deux pays pouvaient mettre en danger un accord potentiel, le responsable a répondu qu’un accord était « réalisable » et que « les deux gouvernements ont une majorité dans leurs parlements et pourraient profiter de cette fenêtre d’opportunité ».

Alexis Tsipras et Zoran Zaev se rencontreront en marge du sommet demain. La ministre bulgare des Affaires étrangères, Ekaterina Zaharieva, a déclaré mardi à Euractiv qu’elle était optimiste quant aux dernières évolutions de la situation.

« J’y vois une opportunité. J’espère vraiment qu’ils achèveront ces négociations compliquées, mais positives, ce qui serait bien pour les citoyens des deux États ».

Athènes et Skopje n’ont pourtant pas de grands espoirs. « La réunion sera extrêmement utile et importante, mais nous ne pouvons en aucun cas supposer qu’elle débouchera sur un accord et il est très probable que nous aurons besoin d’un autre cycle pour combler le fossé entre les deux parties », a noté le porte-parole du gouvernement grec, Dimitris Tzanakopoulos.

« Nous aimerions trouver la solution, mais pas à n’importe quel prix », a déclaré Zoran Zaev.

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