Faire des laits infantiles des médicaments? Buzyn réservée

Faut-il classer les laits infantiles parmi les médicaments, pour renforcer le contrôle sanitaire et éviter une nouvelle contamination comme celle des produits Lactalis? La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s’est dite jeudi réservée sur cette idée.

« Ça mériterait une instruction importante de mes services pour voir les bénéfices, les risques », a déclaré la ministre, interrogée sur le sujet devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’affaire Lactalis.

« Les bénéfices en termes de sécurité, évidemment, pour les enfants, mais les risques en termes d’augmentation des prix, de lourdeur des procédures », a-t-elle poursuivi.

« Aujourd’hui, le prix est un frein à l’accès pour certaines familles. Et c’est vrai que les Restos du coeur distribuent énormément de lait infantile. Il ne faudrait pas qu’à l’arrivée ce soit en fait un frein supplémentaire », a souligné Mme Buzyn.

Fin 2017, 36 nourrissons ont été atteints de salmonellose après avoir bu un lait infantile des marques Picot et Milumel produit dans l’usine Lactalis de Craon (Mayenne). L’alerte avait été donnée en décembre par la Direction générale de la santé, après la détection d’un nombre anormal de cas de la maladie et d’une souche bactérienne commune.

Sans être des médicaments, mais un produit alimentaire, les laits infantiles font déjà l’objet d’une règlementation stricte sur leur composition et qualité nutritive.

Les contrôles d’hygiène et sanitaire de la qualité des laits infantiles, de par leurs spécificités, relèvent d’une double tutelle, la Direction générale de l’alimentation (DGAL) du ministère de l’Agriculture qui a autorité sur le secteur amont de l’agroalimentaire, et Bercy (DGCCRF) pour ce qui est des conditions de leur commercialisation et les questions de consommation.

Le ministre de l’Economie Bruno Lemaire, également auditionné jeudi par la commission d’enquête parlementaire, a rappelé que la recherche de salmonelles dans le lait infantile ne relevait pas des compétences de la DGCCRF, car elle portait sur un produit relevant de la « biologie » et donc de la DGAL.

« Je tiens à rappeler que la DGCCRF ne contrôle pas la nature même du produit en l’espèce, elle contrôle sa commercialisation et le respect des règles de commercialisation, alors que la DGAL identifie un problème sanitaire sur un lieu de production », a-t-il souligné.

Le 17 avril, lors de son audition devant la commission d’enquête, une représentante de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations de Mayenne, avait, elle, révélé que les prélèvements faits par l’État de 2005 à 2017 dans l’usine Lactalis de Craon ne visaient pas à trouver des salmonelles.

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