Quel drone pliable emporter dans vos valises cet été ?

« OPPORTUNISTE ». C’est un petit détail qui fait toute la différence sur le terrain. Le fait de pouvoir replier les pattes de son drone et donc de réduire considérablement sa compacité change considérablement l’usage que l’on peut en faire. En effet, si votre drone est volumineux au point de nécessiter d’être transporté dans une valisette dédiée (comme c’est le cas pour un DJI Phantom par exemple), vous ne le sortirez que pour des excursions planifiées et dédiées au vol. A contrario, les machines volantes légères et peu encombrantes vous ouvrent les portes d’un vol « opportuniste ». Autrement dit, vous pouvez les emporter sans trop d’efforts en balade, juste pour le cas où une situation se prêterait à la réalisation d’une photo ou d’un film aérien.

Anafi de Parrot, un drone testé par Sciences et Avenir

Il existe sur le marché une multitude de petits appareils très compacts qui s’acquièrent pour moins d’une centaine d’euros. Mais ces machines ont souvent une portée limitée, une autonomie de vol inférieure à 10 minutes ou un capteur optique de piètre qualité. Pratiques pour faire des selfies ou s’initier au pilotage sans risquer d’écraser une machine volante très onéreuse, ils peuvent en revanche ne pas rendre hommage à la beauté des paysages survolés. Mais des machines haut de gamme pourvues d’une autonomie d’une vingtaine de minutes, d’une longue portée et d’un capteur optique très haute définition sont commercialisées depuis l’été 2017. Ce sont des modèles aux pattes repliables, ce qui facilite considérablement leur transport. Le plus récent est l’œuvre du constructeur français Parrot. Ce dernier lance sur le marché le 1er juillet 2018 une machine baptisée Anafi, que Sciences et Avenir a eu l’occasion d’examiner de près.

Coup d’œil sur l’Anafi

L’Anafi se distingue de la concurrence par plusieurs aspects. Tout d’abord, il est particulièrement léger pour un drone de cette catégorie. 320 grammes à peine, soit moitié moins qu’un Mavic Pro, l’un des drones pionniers en matière de pattes repliables. Ensuite, il présente la particularité d’avoir des bras avants plus courts que les bras arrières, qui se rejoignent non pas au milieu mais plutôt vers l’avant de la machine. Ce qui donne à l’Anafi un aspect insectoïde assez réussi. On notera également que les pales ne sont pas fixées par couple. Chaque pale aux allures de feuilles (ou d’élytres pour filer la métaphore entomologique) est fixée par une unique vis étoilée. Ce qui offre au pilote la possibilité de ne remplacer que la pale abîmée en cas de rencontre un peu trop enthousiaste avec une branche d’arbre ou un mur. 

Les hélices de l’Anafi. Chaque pale est tenue par une vis étoilée. ©Erwan Lecomte / Sciences et Avenir

Notons à ce propos que Parrot a eu la bonne idée de fournir le tournevis adapté pour effectuer ce type de maintenance assez courante sans trop de difficulté. Enfin, ultime spécificité et non des moindres, la boule optique du drone est capable de basculer à 180° sur un axe vertical. Ce qui permet non seulement de filmer le sol depuis les airs de manière très classique mais aussi de filmer votre sujet par-dessous en orientant la caméra vers le haut. Vous pourrez ainsi filmer sous un angle inédit un sujet franchissant un pont de singe, ou réaliser des travellings inédits d’une forêt que vous arpenteriez le nez en l’air. L’autonomie de vol promise (25 min) est excellente, et la définition du capteur vidéo (4k) est ce qui se fait de mieux actuellement.

Les revers de la médaille

Néanmoins, l’Anafi réserve aussi son lot de déceptions. La première est relative à sa compacité. Certes, les bras qui se replient en avant présentent l’avantage de mieux protéger la nacelle de la caméra (la partie la plus fragile) contre les chocs. Mais cela a pour effet d’allonger encore un peu le drone dont la longueur passe alors de 174 à 244 millimètres. Et une fois l’appareil ramassé dans sa longue pochette, il vous faudra également trouver une place pour le gros galet qui lui sert de télécommande. Un pavé rebondi de 386 grammes dont les joysticks ne sont hélas pas dévissables.

Drone Anafi replié dans sa pochette à côté de sa télécommande. ©Erwan Lecomte / Sciences et Avenir

Ce qui complique son rangement et augmente le risque d’en voir un se briser sous la pression d’autres objets dans un sac ou une valise. Mais ce qui fait sans doute le plus cruellement défaut à l’Anafi, c’est l’absence de tout détecteur de proximité. Rien n’empêchera donc votre machine d’aller percuter de plein fouet un obstacle si vous faites une erreur de pilotage ou si vous avez mal estimé sa trajectoire lorsqu’elle gèrera elle-même le vol dans le cadre d’un « dronie ». Ces actions de vol préprogrammés permettent soit d’effectuer des panoramiques ou des travellings très fluides autour d’un sujet, soit de suivre automatique ce dernier de manière à le garder constamment dans le champ de vision de sa caméra. Une absence cruellement inquiétante sur une machine à près de 700 euros, et que l’on retrouve pourtant sur d’autres machines volantes de gamme comparable.

Voici un comparatif des principaux drones pliables haut de gamme du moment. Notez que le drone karma de GoPro, bien que repliable également, ne fait pas partie de cette sélection. Son constructeur a en effet annoncé durant le CES 2018 de Las Vegas qu’il allait se retirer du marché des drones.

© Erwan Lecomte / Sciences et Avenir

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