The Lancet dénonce l' »opacité » de la nomination du nouveau directeur de l’Inserm

La revue médicale The Lancet dénonce l’« opacité » entourant la nomination du nouveau directeur de l’Inserm, le principal institut de recherche médicale en France, alors que le sortant, le mari de la ministre de la Santé, n’a pas annoncé s’il était candidat à sa succession. Dans un édito au ton inhabituel, la prestigieuse revue britannique pointe le « potentiel conflit d’intérêt » créé par la situation et juge que « la réputation du milieu scientifique français a été endommagée (…) tant sur la scène nationale qu’internationale ».

« Parmi les huit candidats en lice, seuls deux ont rendu leur candidature publique »

« Le Président Emmanuel Macron a mené une campagne basée sur la transparence ; il lui incombe maintenant de restaurer la confiance dans un système terni par cette opacité », écrit la revue. Cet édito est titré « La France est de retour, mais les anciennes pratiques persistent au sein de l’Inserm ». Fait peu courant, The Lancet a mis en ligne mardi 13 juin 2018 une version en français en même temps que la version anglaise. Le mandat du président-directeur général (PDG) de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a pris fin le 13 juin. Le poste était occupé depuis 2014 par le professeur Yves Lévy, époux de la ministre française de la Santé Agnès Buzyn. Cette situation « constitue un potentiel conflit d’intérêts » puisque l’Inserm est « sous la tutelle conjointe des ministères de la Santé et de la Recherche », souligne la revue.

Cette anomalie a été « apparemment rectifiée » par un décret du 29 mai 2017, après l’entrée de Mme Buzyn au gouvernement. Selon ce décret, le Premier ministre Edouard Philippe remplace Mme Buzyn pour tout ce qui relève de l’Inserm. Mais la revue se demande si cela s’applique aussi à la nomination du nouveau directeur. Après la fin du mandat du Pr Lévy, « l’identité des candidats et le processus de nomination du nouveau directeur restent entourés d’incertitude », déplore la revue. Elle note que « parmi les huit candidats en lice, seuls deux — Philippe Froguel et Jessica Zucman-Rossi — ont rendu leur candidature publique. » M. « Macron a maintenant l’opportunité de réformer la culture de la recherche en France (…) en soutenant un processus de nomination ouvert et transparent », conclut The Lancet.

Les auditions des candidats sont prévues le 21 juin, a récemment indiqué à l’AFP le ministère de la Recherche. Le Pr Lévy assure l’intérim, selon un arrêté du Premier ministre et de la ministre de la Recherche paru le 13 juin au Journal officiel. Cette décision elle-même suscite des remous et des chercheurs auraient jugé préférable de confier cet intérim à la directrice générale déléguée de l’Inserm.

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