Dopage et ammoniac, tout est bon pour minimiser l’exploit de la Sbornaya au Mondial

La Russie remporte le premier match du Mondial 2018

© Sputnik . Vitali Beloousov

La Sbornaya, la sélection de football russe, est à nouveau accusée de dopage. Après les débats sur les raisons qui auraient permis aux footballeurs russes de courir plus que leurs adversaires, le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung accuse les sportifs russes de tricher en sniffant… de l’ammoniac !

A croire que tout est bon pour décrédibiliser la performance historique de la sélection russe lors de la Coupe du Monde 2018 qui s’achèvera le 15 juillet. Ce ne seraient pas les footballeurs qui auraient réussi à défaire l’Espagne et à se qualifier pour les quarts de finale, mais des boules de coton imbibées d’ammoniac.

A l’issue des phases de groupes, la sélection russe, la Sbornaya, était l’équipe qui avait le plus couru, comme de nombreux médias l’ont amplement souligné. De là à soupçonner les footballeurs de dopage, il n’y avait qu’un pas.

​Les distances parcourues par match depuis le début de la Coupe du monde. La Russie bien au-dessus. pic.twitter.com/VHhAkHde75

​Les chiffres le montrent, les hommes de Cherchesov, actuel sélectionneur de l’équipe de Russie, ont bel et bien parcouru une distance supérieure à tous leurs concurrents durant les matchs de groupes. Pourtant, comme le rappelait Edouard Bezuglov, médecin de la sélection, au quotidien El Watan News, les joueurs ont subi énormément de contrôles antidopage en vue de la Coupe du Monde:

​«Depuis le début de l’année, entre les tests de la FIFA, de l’UEFA et de Rusada [l’agence antidopage russe, ndlr] nos joueurs ont été contrôlés plus de 300 fois.»

300 tests, mais toujours autant de soupçons. Après avoir remis en doute la préparation physique des footballeurs russes à cause des kilomètres parcourus, c’est le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung qui accuse ces derniers d’améliorer leurs performances sportives en sniffant de l’ammoniac.

Si, comme l’écrit le quotidien espagnol AS, la Russie a bel et bien reconnu qu’un des joueurs entrés sur le terrain pendant le match contre l’Espagne avait reniflé un morceau de coton imbibé d’ammoniac, il rappelle également, à l’inverse du Süddeutsche Zeitung, que l’ammoniac n’est pas «une substance prohibée dans la réglementation antidopage internationale».

Fin de l’histoire? Bien au contraire! Certes, l’ammoniac améliore le flux d’oxygène dans le sang et donc indirectement les capacités respiratoires des joueurs, mais l’effet est de courte durée et n’est pas suffisant pour justifier les performances sur 90 minutes.

De plus, comme le déclarait le journaliste allemand Hajo Seppelt, à l’origine du scandale de dopage d’athlètes russes aux Jeux Olympiques de Sotchi, à 20 Minutes:

«Est-ce que les joueurs sont dopés? C’est la question que tout le monde me pose, mais je ne peux pas y répondre. J’ai du mal à imaginer que la Russie prenne un tel risque après tout ce qui s’est passé.»

Les footballeurs russes, interrogés sur leurs performances, ont tous répondu la même chose: c’est la préparation physique et le stage réalisé par la Sbornaya en Autriche avant la compétition qui ont permis d’atteindre le niveau montré jusqu’à leur élimination par la Croatie en quarts de finale.

Et pour rappel, lors de la précédente Coupe du Monde en 2014, les Russes avaient couru la même distance en moyenne (environ 115km par match), ce qui ne les avait pas empêché de se faire éliminer dès les phases de groupes.

Mais de là à leur laisser le bénéfice du doute… On parle de la Russie tout de même!

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