Les tensions se multiplient au sommet de l’OTAN

Les dirigeants de l’OTAN tenteront d’atténuer les tensions pour le deuxième jour de sommet consacré à l’Afghanistan et l’Ukraine, alors que Donald Trump réclame à ses alliés un doublement de leur contribution à la défense.

Le sommet à Bruxelles se profile comme étant l’un des plus compliqués de l’Alliance depuis des années : l’inquiétude est croissante vis-à-vis de la menace russe et les tensions transatlantiques se multiplient, du commerce en passant par l’énergie.

Donald Trump a donné aux négociations un ton grandiloquent, déversant une vague de critiques contre ses alliés européens, à commencer par la chancelière allemande, Angela Merkel.

Le président américain s’en est surtout pris au projet de gazoduc Nord Stream 2, qui devrait relier la Russie à Allemagne sous la mer baltique.

« Tout le monde parle de ça dans le monde, ils disent qu’on vous verse des milliards de dollars pour vous protéger, mais que vous versez des milliards de dollars à la Russie », a-t-il déclaré le 11 juillet lors d’un petit-déjeuner aux côtés de secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

Trump critique Nord Stream 2 au sommet de l’OTAN

Le président américain Donald Trump s’en est pris à l’Allemagne pour son soutien au gazoduc Nord Stream 2, visant à acheminer plus de gaz russe vers l’Allemagne en passant sous la mer baltique.

Le président américain, qui a déclaré que sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine la semaine prochaine « pourrait être la partie la plus simple » de sa tournée européenne, a donné le coup d’envoi du sommet avec une attaque cinglante envers l’Allemagne, qualifiant le pays de « prisonnier » de Moscou, à cause de leurs relations gazières.

Il a aussi demandé aux membres de l’OTAN de relever leur contribution à la défense à 4 % du PIB, par rapport aux 2 % actuels, objectif fixé pour 10 ans lors du sommet de 2014 aux Pays de Galle.

« L’OTAN n’est pas un marché où vous pouvez acheter de la sécurité. L’OTAN c’est une alliance de pays souverains unis par des objectifs stratégiques et des valeurs communes », a commenté le président bulgare Rumen Radev.

Les 29 dirigeants de l’OTAN, dont Donald Trump, ont approuvé une déclaration commune pour s’engager à un meilleur partage des charges et pour rappeler l’engagement fondateur de l’alliance selon lequel une attaque contre l’un des membres et une attaque contre tous les membres – sans mentionner les 4 %.

L’orage menaçait déjà avant le sommet, poussant le président du Conseil européen, Donald Tusk, à exhorter Donald Trump à apprécier ses alliés, lui rappelant que l’Europe lui était venue en aide après les attaques du 11 septembre.

Tusk conseille à Trump de choyer ses alliés

« L’Europe est votre meilleur allié, s’il vous plait, rappelez-vous de cela », a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk dans une allocution indirecte à Donald Trump qui se rend cette semaine au sommet de l’OTAN à Bruxelles.

Donald Trump n’a pas hésité à faire le lien entre l’OTAN et le conflit commercial qui l’oppose à l’UE, expliquant que cette dernière bloque l’industrie américaine tout en attendant des États-Unis qu’ils la défendent.

Le président américain a particulièrement ciblé l’Allemagne, critiquant ses dépenses en matière de défense. L’Allemagne, la plus grande économie européenne, ne dépense que 1,24 % dans la défense, comparé à 3,5 % aux États-Unis.

Angela Merkel, qui a grandi en Allemagne de l’Est communiste, a rétorqué qu’elle savait ce que voulait dire être sous la domination du Kremlin et qu’elle était heureuse qu’une Allemagne unie soit maintenant capable de « de faire sa propre politique de manière indépendante et de prendre ses propres décisions. »

Les deux dirigeants se sont rencontrés en face à face. Donald Trump a insisté sur leur « très très bonne relation »,

Menace russe

Les diplomates européens craignent de revivre le sommet du G7 du mois dernier au Canada, lorsque Donald Trump s’est opposé avec ses alliés occidentaux avant de rencontrer Kim Jong Un, le dirigeant nord-coréen qu’il a qualifié de « très talentueux ».

De la même manière, Donald Trump rencontrera le président russe à Helsinki le 16 juillet pour leur première rencontre bilatérale alors que les États-Unis enquêtent sur une possible ingérence de la Russie dans la campagne de Donald Trump.

Certains craignent que le président américain, désireux de s’afficher de manière avantageuse face à l’homme fort du Kremlin, ne fasse de concessions qui affaibliraient l’unité occidentale sur les questions de l’Ukraine ou de la Syrie.

Donald Trump se rendra aujourd’hui au Royaume-Uni, où le gouvernement est en crise par rapport au Brexit et où les tensions avec la Russie ont atteint leur paroxysme après Londres a accusé Moscou de l’empoisonnement et de la mort d’une Britannique ce mois-ci.

Les démissions en chaîne fragilisent le gouvernement britannique

Ministre des Affaires étrangères britannique, Boris Johnson a quitté son poste le 9 juillet. Cette démission, qui suit celle du ministre du Brexit David Davis, fragilise d’autant plus le gouvernement de Theresa May, moins de neuf mois avant l’échéance du Brexit.

L’Afghanistan à l’ordre du jour

Pour cette deuxième journée, les dirigeants accueilleront les partenaires non membres comme le président afghan Ashraf Ghani et le président ukrainien, Petro Porochenko.

La Première ministre britannique, Theresa May, a essayé de donner le ton mercredi 11 juillet en annonçant le déploiement d’autres troupes pour la mission de formation de l’OTAN en Afghanistan.

« Nous déploierons 440 soldats supplémentaires pour la mission Soutien résolu de l’OTAN en Afghanistan, et je pense que cela montre que quand l’Alliance en a besoin, le Royaume-Uni est le premier à proposer son aide », a déclaré Theresa May aux journalistes.

Jens Stoltenberg veut que les chefs d’État s’accordent à financer des forces de sécurité afghanes jusqu’en 2024, malgré la fatigue générale dans les pays occidentaux sur leur implication dans le conflit.

Les fonds s’élèvent en moyenne à 1 milliard de dollars chaque année et le secrétaire général de l’OTAN souhaite que ce niveau soit maintenu.

Les chefs d’État attendent d’en savoir plus sur l’approche militaire de Trump en Afghanistan, qu’il a réorganisé en août dernier pour augmenter les frappes aériennes et ainsi forcer les talibans à s’asseoir à la table des négociations.

Les représentants américains ont déclaré que Washington préparait une nouvelle révision de la stratégie, un an après que le président a approuvé à contrecœur de prolonger son engagement dans cette guerre vieille de 17 ans.

Donald Trump était opposé à prolonger l’implication des États-Unis en Afghanistan, mais ses conseillers l’ont convaincu de lui donner un peu plus de temps. Il a donc validé le déploiement de 3 000 soldats supplémentaires, relevant le contingent à environ 15 000 personnes.

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