Libye : Tripoli accuse l’OTAN d’avoir transformé la Libye en dépotoir de déchets nucléaires

Et si toutes ces guerres sans réel casus belli déclenchées contre des pays ayant eu un régime hostile ou rétif au système financier international ou encore une attitude de défiance à l’égard d’Israël comme l’Irak, la Libye ou la Syrie n’étaient qu’un prétexte commode pour se débarrasser de centaines de tonnes de déchets et autres ferrailles radioactifs ou contaminés en les utilisant comme munitions?

C’est ce que suggére le libyen Nouri Drouki, un responsable de l’autorité chargée de l’environnement et de l’énergie atomique dans le gouvernement libyen (version de Tripoli) après l’analyse de débris et des ruines d’une cinquantaine de bâtiments ciblés par des frappes de l’OTAN lors de la guerre de 2011.

L’ancien complexe ayant abrité le ministère libyen de la défense et l’état-major à Tripoli, détruit en avril 2011 par des missiles lancés par des avions de combat danois, hollandais, français et britanniques, demeure contaminé et les niveaux de radiations mesurés sur site sont très élevés.

Des munitions à uranium appauvri et des fragments de bombes contenant des traces de plutonium ont été retrouvés dans l’une des résidences fortifiées détruites du colonel Gaddafi. Les bunkers de l’ancien homme fort de la Libye ont été détruit entre avril et juillet 2011 par des missiles antibunker à très haut taux de pénétration, forçant le guide a adopter la tactique risquée du QG mobile avant son repli final à Syrte, sa ville natale.

Des obus à uranium appauvri ont été utilisés par la marine royale britannique lors du pilonnage naval de Syrte et de Benghazi.

D’autres types de munitions à uranium appauvri ont été utilisés par l’US Air Force et d’autres pays de l’OTAN contre des véhicules et des installations libyennes.

En parallèle, des médias libyens ont pour la premiere fois évoqué les rejets délibérés par des navires étrangers de déchets radioactifs et de produits chimiques hautement toxiques dans les eaux territoriales libyennes en exploitant le chaos régnant dans ce pays d’Afrique du Nord connu pour ses plages et son littoral relativement vierge avant la guerre menée par l’OTAN.

Des officiels libyens comptent saisir l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique pour l’établissement d’une commission d’enquête à ce sujet.

Derrière la médiatisation des flux migratoires partant de la Libye, une des conséquences de l’intervention de l’OTAN dans ce pays, se cache une sombre histoire d’un crime commis contre l’environnement local : des dizaines de multinationales utilisent des sous-traitants pour se débarrasser des déchets nucléaires et autres produits chimiques hautement toxiques dans les eaux territoriales libyennes ou à l’intérieur du territoire.

Les décrivant comme des « vautours » cherchant le moindre recoin de terre où il n’y a plus de gouvernement de la loi, un officiel libyen fustige les milices armées ayant accepté de telles pratiques en échange de subsides financiers.

En ce qui concerne les munitions à uranium appauvri, les libyens cherchent obtenir une aide technique pour identifier les sites contaminés.

Cependant, la Libye n’est pas le pays le plus contaminé par les munitions à uranium appauvri : le sud de l’Irak et le Koweït sont à l’heure actuelle, les deux régions souffrant le plus des conséquences de l’usage massif de ce type de munition (effets teratogènes, apparition de nouveaux types de cancers, disparition de la flore, contamination du sol, etc.)

L’Afghanistan, l’enclave palestinienne de Gaza, la Serbie, la Syrie et le Yémen ont également subi un usage plus ou moins massif de munitions à uranium appauvri.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.