La Hongrie vend des visas européens à la Russie

Pour des centaines de milliers d’euros, la Hongrie vend des visas à des hommes d’affaires et personnalités russes, dont certains sont sous le coup de sanctions européennes. Un article de notre partenaire, Gazeta Wyborcza.

Le programme de visa de résident permanent a été mis en place en Hongrie en 2013, puis suspendu l’an dernier. Il a notamment permis à la famille du chef des renseignements du Kremlin d’entrer dans l’UE, malgré les sanctions qui pèsent sur lui.

En échange de l’achat d’obligations souveraines pour une valeur entre 250 et 300 000 euros, des non-Européens ont reçu un permis de résidence qui leur permettait de voyager dans toute la zone Schengen.

Ils ont été jusqu’à 20 000 à bénéficier du programme, principalement des citoyens chinois, russes et des pays arabes.

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Un programme controversé

De temps en temps, les médias révèlent l’identité de certains bénéficiaires du programme, dont beaucoup n’auraient pas pu obtenir un visa via les canaux normaux. Certains sont soupçonnés de violation des droits de l’Homme dans leurs pays, d’autres ont des liens avec le terrorisme ou le crime organisé.

Les journalistes d’investigation de Direkt36 et du journal russe indépendant Novaya Gazeta viennent de recevoir des témoignages selon lesquels l’administration hongroise a fermé les yeux sur des détails gênants afin d’octroyer des permis de résidence.

C’est le cas de Dmitry Pavlov, ancien dirigeant de la mafia moscovite Izmaylovskaya et soutient actuellement des vétérans de l’armée et des services de renseignements russes, et Alexei Jankevich, président d’un des plus grands producteurs russes de pétrole brut, Gazprom Nieftu.

La liste inclut aussi le vice-président de Rosatom, qui a introduit une demande de visa alors qu’il était accusé de corruption en Russie, ainsi que des parents de Sergei Naryshkin, directeur des renseignements russes et l’un des collaborateurs les plus proches de Vladimir Poutine. Depuis l’invasion de la Crimée, durant laquelle il était président de la Douma, le parlement russe, il est visé par des sanctions qui auraient dû l’empêcher d’entrer dans l’UE.

Le programme a cependant été suspendu en 2017, après que la presse a révélé qu’il coûtait cher aux contribuables et que les seuls à en profiter réellement, au niveau financier, étaient des proches du Premier ministre, Viktor Orbán, qui empochaient entre 40 et 60 000 euros par bénéficiaire du programme.

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