La politique de cohésion, grande absente du discours de Juncker

Dans son discours, Jean-Claude Juncker n’a pas abordé la politique de cohésion. Villes et régions s’irritent particulièrement qu’il n’ait pas souligné leur rôle positif dans la gestion de l’immigration.

Dans son dernier discours sur l’état de l’union devant le Parlement actuel, Jean-Claude Juncker a énuméré les défis de l’Europe : la sécurité, l’immigration, le terrorisme, le changement climatique, l’Afrique et le Brexit. Il n’a toutefois pas mentionné la contribution de la politique de cohésion à la croissance et au développement et les défis auxquels fait face la politique après 2020.

« Nous saluons certains aspects du discours sur l’état de l’Union du président Juncker, notamment son appel pour une solidarité européenne, son rejet d’un nationalisme ’exagéré’, et son soutien envers une réforme migratoire équilibrée », a déclaré Eleni Marianou, secrétaire générale de la conférence des régions périphériques maritimes (CPMR).

Discours sur l’état de l’Union 2018

En 2015, Jean-Claude Juncker avait déclaré que sa Commission était celle « de la dernière chance ». Mercredi 12 septembre, le président de la Commission prononce son discours sur l’état de l’Union (SOTEU). Suivez-le en direct sur Euractiv.fr

« Nous regrettons toutefois que le président Juncker n’ait pas profité de son discours final pour reconnaître la nécessité d’une Europe ambitieuse et revigorée, qui place la cohésion sociale, économique et territoriale au cœur du projet européen. »

« Il a présenté le plan Juncker comme la clé pour accélérer l’investissement en Europe mais n’a pas mentionné le rôle clé des fonds structurels et de la politique de cohésion qui ont pourtant stimulé la croissance économique dans un bon nombre de territoires européens ces 30 dernières années », affirme Eleni Marianou.

Pas de mention des régions

Dans son discours, Jean-Claude Juncker a évoqué la nécessité d’une structure sociale européenne plus solide, grâce à l’adoption de solutions avant les élections européennes de mai 2019. Toutefois, aucune mention n’a été faite du débat sur la politique régionale et des coupes de 10 % prévues pour la cohésion dans le prochain budget à long terme.

« Malgré son appel en faveur d’un accord sur le budget de l’UE post-2020 avant les prochaines élections européennes, le mot cohésion n’apparaît pas dans son discours », a regretté Enrico Rossi, président de la Toscane, avant d’ajouter :

« Comme l’a dit le président [du groupe S&D] Bullmann, pour relancer le projet européen, il est temps de parler à la classe ouvrière et de proposer des mesures européennes renforcées sur la santé, le chômage, le logement. La politique de cohésion pourrait nous aider à contribuer davantage encore à relever ces défis et à prouver que les messages des partis populistes sont faux. »

Anna Lisa Boni, secrétaire générale d’Eurocities, a déclaré à Euractiv que leur principale préoccupation était de savoir « comment mieux utiliser la politique de cohésion pour rapprocher le projet européen des citoyens ».

« Pour y parvenir, elle doit être en mesure d’apporter des solutions plus rapides et meilleures aux problèmes auxquels les gens sont confrontés. Nous reconnaissons et soutenons pleinement les efforts de la Commission pour simplifier les règles. En même temps, nous devons nous assurer que les fonds peuvent être utilisés plus efficacement pour répondre aux défis locaux. »

Pas de lien avec l’immigration

Faisant référence à l’engagement de l’UE à lutter contre la migration et à appliquer une stratégie efficace basée sur une responsabilité partagée, Jean-Claude Juncker n’a pas reconnu l’impact des régions et leur contribution à la gestion de la crise des réfugiés.

Le Luxembourgeois n’a pas présenté la situation des régions et des zones maritimes en matière de migration, il ne l’a abordée que comme une question paneuropéenne, sans préciser son impact sur les régions, qui portent sur leurs épaules toutes les conséquences qui en découlent.

Président Juncker, donnez aux territoires le souffle dont l’Europe a besoin!

Le 12 septembre prochain, le Président Juncker, fera probablement son dernier discours sur l’Etat de l’Union européenne. Chacun gardera à l’esprit les mots qu’il avait prononcé quatre ans plus tôt lors du vote d’investiture de la Commission qu’il avait présenté comme celle « de la dernière chance ».

« Le Président Juncker a eu tout à fait raison de se concentrer sur la dimension mondiale des grands défis de notre temps : immigration, changement climatique et numérisation. Cependant, nous regrettons qu’une fois de plus, le rôle des villes et des régions, qui sont des alliés fondamentaux pour aborder ces questions, n’ait pas été mentionné », a souligné Stefano Bonaccini, Président du Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE).

« Aucun de ces défis ne sera relevé sans leur soutien. Il est essentiel de ne pas perdre cela de vue, notamment en ce qui concerne les migrations : les villes et les régions se retrouvent trop souvent seules pour accueillir et intégrer les migrants au quotidien. Leur accès au financement de l’UE sur la migration et l’intégration doit se mettre en place », a-t-il déclaré.

« Nous sommes préoccupés par le fait que le président Juncker ne mentionne pas l’importance des régions dans le traitement des questions liées à la migration et à l’asile alors qu’elles ont montré leur volonté d’accueillir des migrants ayant besoin d’une aide humanitaire, comme l’a démontré le navire humanitaire Aquarius », a ajouté Eleni Marianou.

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