Une catastrophe humanitaire à venir à Idlib? Berlin détaille le rôle de Moscou

Heiko Maas et Sergei Lavrov

© Sputnik . Grigorij Syssojew

En vue d’empêcher une nouvelle catastrophe humanitaire en Syrie, «où la Russie joue un rôle clé», le ministre allemand des Affaires étrangères a rencontré son homologue russe et l’a appelé à s’opposer à une grande offensive contre Idlib.

Une nouvelle catastrophe humanitaire pourrait survenir sous peu en Syrie et la Russie a le pouvoir d’empêcher une grande offensive contre Idlib, relate le journal allemand Die Stuttgarter Nachrichten. Bien que le gouvernement allemand n’ait pas beaucoup d’influence sur Moscou, poursuit le quotidien, il envisage toutefois de s’en servir dans la mesure du possible.

Ainsi, le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, compte persuader son homologue russe Sergueï Lavrov d’empêcher une telle offensive par la voie diplomatique.

«Nous savons tous ce qui est mis en jeu. Il est question d’empêcher le pire, à savoir une nouvelle catastrophe humanitaire», a souligné le ministre allemand avant leur rencontre bilatéral qui a lieu ce vendredi à Berlin. «La Russie joue un rôle clé en Syrie et nous avons des attentes à ce sujet. Nous allons en débattre franchement».

De fait, au moins trois millions d’habitants sont coincés aux alentours d’Idlib, à la frontière avec la Turquie. En cas de grande offensive, des centaines 

de milliers de réfugiés seraient forcées de quitter cette zone, selon certains experts.

Concernant l’aide financière destinée à une rapide reconstruction de la Syrie, ravagée par la guerre civile, l’Allemagne s’en abstient pour le moment. M. Maas a notamment tenu à souligner qu’une telle assistance aurait lieu seulement sous certaines conditions.

«S’il y a une solution politique en Syrie, qui mènera en fin de compte à des élections démocratiques, nous sommes prêts à assumer nos responsabilités quant à la reconstruction du pays», a expliqué le ministre. «Ni les Russes, ni les Iraniens, ni les Turcs ne pourront s’en acquitter seuls. Dans ce cas, nous aurons un important rôle à jouer.»

M. Maas a ajouté que le gouvernement allemand ne pouvait pas imaginer une solution politique à long terme avec Bachar el-Assad au pouvoir. D’autre part, le retrait du Président syrien ne constitue pas une condition préalable pour obtenir une aide à la reconstruction de la part de l’Allemagne.

«Avec le processus des Nations unies, au bout duquel une élection devrait avoir lieu, la dernière décision sera mise dans les mains de tous les Syriens, y compris tous ceux qui ont fui leur pays natal et veulent y retourner», a-t-il indiqué.

Bien que M. Maas ait salué les intentions de la Russie visant à faire revenir les réfugiés en Syrie, il a souligné que cela «ne fonctionnerait pas si les gens ne voulaient pas du tout profiter de cette possibilité puisqu’ils se verraient exposé à la persécution, l’emprisonnement et l’expropriation dans leur propre pays». «Dans ce sens, l’initiative de la Russie n’est pour le moment pas prometteuse.»

Les relations russo-allemandes se sont beaucoup détériorées depuis le début de la crise ukrainienne. Le gouvernement allemand vise toutefois à parvenir à un dialogue approfondi avec Moscou, notamment dans le dossier syrien.

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