Bidonnages, sanctions, ripostes… Et ensuite?

Etats-Unis et Angleterre semblent s’être répartis les rôles dans leurs provocations constantes envers la Russie: Les Anglais déballent régulièrement des prétendues « preuves » des exactions Russes, et les Américains sortent régulièrement de nouvelles « sanctions ».

Cette semaine a été passionnante, les Anglais ayant publié les photos de 2 personnes présumées Russes ayant parait-il empoisonné le traitre Skrypal à Salisbury. On peut s’étonner de ce que de prétendus professionnels du GRU se laissent photographier sous tous les angles lors de leur mission, mais ce n’est pas important pour les Anglais. A Moscou, les 2 « espions » se sont fait connaitre et ont publiquement démenti les allégations anglaises, s’attirant les sarcasmes de Londres. On notera que Londres refuse de communiquer à Moscou les éléments concrets dont ils prétendent disposer, comme les empreintes digitales des suspects. Cela permettrait au moins de fixer l’identité des présumés coupables, mais ça ne semble pas intéresser Londres.

En effet, les Anglais n’ont pas besoin de preuves pour que Washington dégaine son gros pistolet à sanctions, puisqu’une nouvelle série semble s’annoncer, tant pour « punir la Russie » (!) de l’affaire Skrypal, que pour « punir » la Russie d’autoriser des attaques chimiques en Syrie qui sont clairement des provocations de la part des terroristes… soutenus justement par les Américains et Européens!

Ainsi donc, les Etats-Unis exigent maintenant un accès libre aux instituts de recherche russes pour vérifier qu’ils ne fabriquent pas d’agents chimiques! Ceci n’est bien entendu qu’un prétexte pour une série de nouvelles mesures destinées à saper l’économie de la Russie, ces demandes n’ayant aucune chance d’être acceptées.

Il y a quelques heures Vladimir Poutine a réuni à Moscou le Conseil de Sécurité et la réponse aux exigences américaines a été très claire: «Nous n’envisageons bien évidemment pas d’accomplir à titre unilatéral ou même de réagir à des exigences de Washington, qui sont illégitimes, sur le ton de l’ultimatum et sortant du cadre de la CIAC [Convention sur l’interdiction des armes chimiques, ndlr], au sujet d’inspections supplémentaires sur le sol de la Fédération de Russie basées sur telle ou telle loi interne américaine»

Il est donc très probable que de nouvelles mesures seront décidées à Washington contre la Russie. A Moscou, les milieux bancaires et industriels s’y préparent. Il est évident qu’il y aura un impact sur l’économie du pays, mais celui-ci devrait être limité.

Les plus importantes conséquences de ces « sanctions » seront plutôt dans l’opinion publique russe qui montre un énervement de plus en plus aigu envers les pays occidentaux en général et les Etats-Unis en particulier. De nombreuses voix s’élèvent pour suggérer que la Russie d’une part riposte avec plus d’énergie (en bloquant les avoirs des sociétés américaines en Russie par exemple, ou en fermant certaines – on parle de Macdonald entre autres) mais aussi et surtout que la Russie ne se contente plus de riposter, mais prenne l’initiative de mesures contre les pays qui depuis des années maintenant tentent de miner l’économie du pays.

Certains milieux « conservateurs » (…) Russes prônent par exemple l’utilisation de systèmes informatiques pour atteindre directement les Etats-Unis et plusieurs pays européens dans leur économie, tout d’abord de manière limitée, mais pouvant aller crescendo dans le cas où ces pays ne cessent pas leur agression contre la Russie.

Il est parfaitement clair que les décisions mesurées de Vladimir Poutine depuis des années ont permis d’éviter un affrontement militaire direct avec les Etats-Unis, affrontement que Washington voulait – et veut – clairement, tant autour du dossier ukrainien que du dossier syrien. Mais l’accumulation des « affaires » sorties par les pays occidentaux (Ukraine, Syrie, élections US, élection présidentielle française, Skrypal, attaques chimiques en Syrie, aujourd’hui également les Etats-Unis ont accusé la Russie d’aider la Corée du Nord à passer outre les embargos à son encontre, etc etc) risquent bien de faire déborder la marmite et, si les sanctions s’attaquent directement aux forces vitales de la Russie, il va bien falloir y répondre autrement que par des « ripostes », symétriques ou pas. Comme disait Vladimir Poutine lui-même, « quand on sait qu’on va devoir se battre il faut frapper le premier ».

L’impact des sanctions multiples contre la Russie a permis le développement de son industrie agro-alimentaire et industrielle, mais a aussi contribué à un taux d’inflation important (sans doute 15 à 18% en 2018), et a une ré-augmentation du taux de chômage, certes bien plus bas que dans les pays occidentaux. La population russe risque donc de ne pas accepter de nouvelles conséquences négatives, mais par contre acceptera de bon coeur que Vladimir Poutine tape un bon coup sur la table en déclarant que le jeu a assez duré. Et en faisant le nécessaire pour que les pays occidentaux ne soient tout simplement plus en état de décréter des « sanctions » contre la Russie.

source:https://rusreinfo.ru/fr/2018/09/bidonnages-sanctions-ripostes-et-ensuite/

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