Etudes de santé: 50 ans de « numerus clausus »

Conséquence méconnue de mai 68, le « numerus clausus » a créé une sélection à l’entrée des études médicales, dont les conséquences sont très éloignées des objectifs de départ.

Dans les années 1960, le nombre d’étudiants en médecine augmente brusquement: de 35.000 en 1963, à 60.000 en 1967.

Trop, pour certains syndicats de médecins libéraux, qui réclament un concours sélectif à la fin de la première année, avec le soutien de l’Ordre.

Une revendication à la fois élitiste, en réaction à mai 68, mais aussi corporatiste, les praticiens installés redoutant une concurrence débridée.

Le gouvernement y voit en outre un moyen détourné de limiter les dépenses de santé, faisant le pari que la demande de soins diminuera en fonction de l’offre.

En novembre 1968, la loi d’orientation de l’enseignement supérieur accorde à l’exécutif le pouvoir de fixer chaque année « le nombre des étudiants (…) admis à entrer en deuxième année » de médecine et dentaire.

Censés tenir compte « des besoins de la population » et « de la nécessité de remédier aux inégalités géographiques », ces quotas entrent en vigueur en 1971.

Au départ, ils restent stables, autour de 8.600 places en médecine et 1.900 en dentaire. Puis chutent de 60% de 1977 à 1992 et ne remontent qu’au tournant du siècle.

Dans le même temps, les dépenses de santé passent de 5% à 8% de la richesse nationale (PIB) et l’on se met à redouter une pénurie de médecins, ce qui signe l’échec de cette politique malthusienne.

Les pouvoirs publics ont depuis drastiquement relevé ces « numerus clausus », qui ont presque retrouvé leurs niveaux d’origine, sans empêcher l’apparition de déserts médicaux.

D’autres quotas ont été instaurés pour les sages-femmes (1977) et les pharmaciens (1980), dont les contingents ont également été restreints mais dans une moindre mesure, avant de rebondir, jusqu’à dépasser aujourd’hui leurs effectifs initiaux.

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