Paris sans voiture et un tiers de NO2 en moins, pour le grand bonheur des piétons

Les rues de Paris sont restées fermées dimanche à la circulation des voitures et deux-roues motorisés, une 4e « Journée sans voiture » qui a permis un recul du dioxyde d’azote dans l’air de 28 à 35% selon un premier bilan d’Airparif.

Les grands axes comme les ruelles avaient été rendues entièrement piétons, de 11h à 18h.

A la mi-journée, l’avenue des Champs-Élysées était prise d’assaut par les promeneurs, à pied, à vélo ou à trottinette.

« C’est une superbe occasion de découvrir la ville sous un autre angle, avec une approche à la fois sympathique et environnementale », s’est réjoui auprès de l’AFP Étienne Garderet.

Rex Embrey, touriste américain, ne boudait pas non plus son plaisir: à l’hôtel « ils nous ont dit que la rue était fermée, ce qui rend la chose beaucoup plus agréable ».

Seuls les véhicules de dépannage, les véhicules d’urgence et de secours, celles des personnes handicapées, autobus touristiques, camions de déménagement autorisés et autobus, pouvaient rouler.

Ces derniers, ainsi que les taxis, étaient limités à 30 km/h, voire 20 km/h dans les quatre premiers arrondissements. Le périphérique parisien n’était pas concerné par la mesure.

L’objectif de cette « Journée sans voiture » est de « rendre l’espace public moins pollué, plus agréable et plus apaisé », explique la mairie de Paris.

De fait, des « baisses significatives » de concentration de dioxyde d’azote (NO2) allant de -28% à -35% ont été observées à Haussmann, Opéra, quai des Célestins et sur les Champs-Élysées, par rapport à un dimanche comparable sans restrictions de trafic (même météo, même saison), selon Airparif.

Ce bilan portait sur la période 11h-17h. Plus les heures s’écoulaient, plus les résultats s’amélioraient, note l’organisme indépendant de suivi de la qualité de l’air.

« L’impact positif sur la qualité de l’air des rues fermées au trafic se confirme encore cette année avec une tendance à la diminution des concentrations sur toute la zone concernée », souligne l’association. Cette année, contrairement aux années précédentes, Airparif n’a constaté aucun report de trafic, congestionnant et polluant, sur les portes de la capitale.

« Ça fonctionne assez bien, on voit rapidement l’impact » d’une telle mesure, souligne Amélie Fritz, d’Airparif, pointant aussi les améliorations observées quand les Champs-Elysées sont rendus aux piétons, tous les 1ers dimanches du mois.

Le NO2 est à Paris majoritairement émis par le trafic routier, en particulier les véhicules diesel. Gaz irritant favorisant l’asthme et les affections pulmonaires, il est responsable de 75.000 décès prématurés par an en Europe, selon l’Agence européenne de l’environnement (AEE).

La Ville de Paris a annoncé vendredi que les quatre premiers arrondissements, les plus centraux (îles de la Cité et Saint-Louis, Châtelet, Louvre, Opéra, quartier du Marais…), seraient fermés à la circulation automobile un dimanche par mois à partir du 7 octobre, à l’exception des grands axes.

Selon la mairie, le trafic automobile intramuros a enregistré une baisse « record » de 6% entre 2017 et 2018. La pollution de l’air a été réduite « dans des proportions comparables ».

« Face à l’urgence climatique et l’impact sanitaire de la pollution », Anne Hidalgo et Philippe Close, les maires de Paris et Bruxelles, ont proposé samedi que soit instaurée annuellement une journée sans voiture européenne.

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